Découverte de Camaret-sur-Mer sur la presqu'île de Crozon (Finistère) : Pen-Hir

Camaret-sur-Mer : les spots à voir en une journée

Nous avons débuté notre escapade sur la presqu’île de Crozon par une journée à Camaret-sur-Mer, et je suis conquise par la beauté de ce coin de Bretagne.

À l’extrémité de la presqu’île de Crozon, Camaret-sur-Mer garde son allure de petit port de pêche avec moins de 3 000 âmes à l’année. Forcément en été, son attrait touristique fait sortir le village de sa torpeur. L’idéal est de le découvrir au printemps ou à la fin de l’été sans le flot estival des vacanciers. Nous avons eu la chance de le découvrir mi-avril, par une belle journée printanière.

Étape 1 : le port de Camaret

Votre découverte commence sur le Sillon, cette digue qui ferme l’anse du port et sur laquelle nous vous conseillons de flâner avant de vous lancer dans des paysages plus sauvages.

En avançant sur la jetée, le cimetière de vieux bateaux rappelle le passé des langoustiers en bois qui s’activaient sur le port autrefois. Les carcasses « pourrissent » lentement sur la grève, laissant apparaître leurs ossatures au rythme des marées. C’est le dernier vestige de l’époque où Camaret dominait la pêche aux crustacés.

Vous croisez ensuite la chapelle Notre-Dame de Rocamadour. Elle présente un clocher tronqué que la tradition locale attribue à un boulet de canon anglo-hollandais.

Juste à côté, la Tour Vauban est une tour-batterie polygonale, classée au patrimoine mondial de l’Unesco. Elle a fière allure avec sa silhouette ocre-brique, obtenue par un enduit de chaux et de brique qui la protégeait de l’érosion. À l’intérieur, les salles de garde et le magasin à poudre témoignent de la vie d’une garnison sous Louis XIV. Regardez bien la maçonnerie : les impacts de boulets encore visibles rappellent que la tour fut opérationnelle avant même d’être achevée, lors de la bataille de 1694. Si vous pouvez en faire le tour gratuitement par l’extérieur, la visite est payante.

Étape 2 : le petit Gouin et le Toulinguet

En suivant comme nous le sentier côtier (GR34) vers le nord-ouest, vous verrez la lande s’installer. Ici, l’architecture se fait fonctionnelle, tournée vers la surveillance du passage des navires vers Brest.
Vous atteindrez la Batterie du petit Gouin, qui occupe une position dominante sur le goulet.

Reprenez la route vers le Toulinguet, où vous croiserez une tour-modèle napoléonienne, achevée entre 1812 et 1813, et un sémaphore toujours en activité. Ces édifices massifs, conçus pour loger une trentaine d’hommes en autarcie, vous rappellent que, probablement, chaque crique de la presqu’île a été, un jour, un poste de tir stratégique.

Étape 3 : des monolithes et un manoir

Entre les fortifications du nord et les falaises du sud, le plateau de Lagatjar vous offre une balade facile et une pause à la plage, si vous en avez envie.

Lagatjar, ce sont un peu plus de 60 menhirs de quartzite blanc, autrefois alignés sur plusieurs rangées. Ce champ de pierres est le reliquat d’un ensemble bien plus vaste qui comptait plus de 600 monolithes au recensement fait au 18e siècle. J’avoue que venant de la région de Carnac, je n’ai pas eu l’effet « wahoo » possible devant ces pierres levées.

En revanche, une fois la route traversée pour rejoindre la mer, les vestiges du manoir de Coecilian ont retenu mon attention. En bordure du plateau côtier, cette bâtisse avait été érigée par le poète Saint-Pol-Roux avec une vue plongeante sur les vagues de l’océan. L’artiste l’avait dédié à son fils Coecilian, mort près de Verdun en mars 1915.

Le bâtiment, occupé puis bombardé, a fini par brûler le 11 septembre 1944, précisément une semaine avant la libération de la ville. Il ne nous en reste aujourd’hui que des arches vides et des pans de murs mangés par la végétation.

Étape 4 : la Pointe de Pen-Hir, mon coup de cœur

Pour un bol d’air frais, direction la Pointe de Pen-Hir.

Devant vous, les falaises chutent de 70 mètres dans l’océan. Face à vous, les six rochers des « tas de pois » (Ar Berniou Piz, les « rochers pointus » en breton) s’alignent vers le large. Ces monolithes massifs marquent le prolongement sous-marin de la pointe dans l’Iroise. C’est un site brut, où les oiseaux marins viennent nicher… et quelques grimpeurs défier leur vertige sur les parois. Il est d’ailleurs assez original de croiser des fans d’escalade avec tout leur attirail se rendant au bord des falaises pour pratiquer leur activité.

À côté, l’immense croix de Lorraine en granit rend hommage aux Bretons de la France libre.

En poursuivant votre marche, vous pourrez visiter le musée de la bataille de l’Atlantique, installé dans une ancienne casemate de la batterie Kerbonn. En dehors de la période estivale, vous pourrez déambuler dans la partie à ciel ouvert, avec des affichages de poèmes et textes rendant hommage aux habitants et aux combattants. L’intérieur du musée (payant) est accessible uniquement durant la période estivale.

Quelles autres découvertes faire sur la presqu’île de Crozon ?

  • Le Cap de la Chèvre pour l’étendue de ses landes rases et le panorama sur la baie de Douarnenez.
  • La plage de l’Île Vierge à admirer à la pointe de Saint-Hernot (elle est désormais inaccessible)
  • Le Fort des Capucins à Roscanvel, un ouvrage militaire très bien conservé, accroché à son îlot rocheux, relié par un pont de pierre (mais inaccessible également au vu de sa fragilité).
  • Les grottes marines de Morgat à découvrir en kayak ou en bateau pour admirer les couleurs des parois rocheuses directement depuis la mer.

Les découvertes variées, la beauté des paysages et le ciel au beau fixe ont fait de cette journée un moment parfait !
Sandrine Damie

Crédit photos : © Sandrine Damie – Onetwotrips

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